Le modulaire, entre industrialisation & personnalisation

Produire en série tout en personnalisant, cela peut paraître contradictoire. Pourtant, la « mass customisation » a transformé de nombreux secteurs d’activité, de l’automobile à la mode. La construction n’a pas échappé à ce phénomène, et le modulaire en est l’exemple parfait. Algeco Le Mag revient sur le passé mouvementé de ce modèle de construction qui marie standardisation et personnalisation… et qui n’a pas fini de faire parler.

La construction, une autre histoire des hommes

Beaucoup pensent que la construction traditionnelle est par essence une industrie. C’est une erreur. Autrefois dépendante du terroir et des matériaux que ce dernier abritait (voir « Business Trends », page 5), elle ne le devient vraiment qu’à la révolution industrielle avec le recours massif au béton armé. Pour autant, on trouve des prémices d’industrialisation - et notamment de préfabrication - bien avant. En effet, les archéologues ont retrouvé des signes de nomadisme de la construction (ndlr : le bâtiment est produit en dehors de sa zone d’implantation) dès l’Antiquité. Et ce phénomène perdure tout au long de l’Histoire, en particulier dans certaines zones géographiques comme la Scandinavie et l’est de l’Asie. La construction industrialisée connaît néanmoins son premier véritable essor au XVIIIe siècle avec la conquête des territoires africains et américains qui oblige les colons européens à ériger le plus rapidement possible de nouvelles villes. Comment ? En produisant et transportant des bâtiments en kit, dont les célèbres Manning Portable Colonial Cottages anglais. La préfabrication devient ainsi le système constructif standard de l’Ouest américain, ce qui explique peut-être que, au XXe siècle, les pionniers de l’architecture industrielle font des États-Unis le premier terrain d’exploitation de leurs théories. Dès la Première Guerre mondiale, des personnalités comme Thomas Alva Edison, Le Corbusier et Frank Lloyd Wright réfléchissent aux liens possibles entre préfabrication et architecture. Ou comment réconcilier l’industrie qui crée des produits et l’architecte qui est un artiste-bâtisseur. En pleine Seconde Guerre mondiale, Konrad Wachsmann et Walter Gropius imaginent une voie possible avec le General Panel System, un mode constructif qui repose sur un trio de base planchers-plafonds-murs identique pour chaque construction et que le propriétaire peut agencer pour créer son propre espace. Engendrer un maximum de bâtiments à la fois similaires et différenciés, dans la limite définie par le système d’assemblage et le nombre de modules, tel était le but. Malgré l’échec de leur entreprise – qui peut s’expliquer par le manque de personnalisation –, leur idée fait des émules, notamment dans les pays touchés par les bombardements du conflit mondial qui s’achève en 1945. Au Japon et dans de nombreux États européens, dont la France, l’objectif est de construire vite et bien, tout en maîtrisant les coûts afin de ménager des économies exsangues. Il ne s’agit néanmoins pas seulement de faire vite. Autrefois largement cantonnée à l’habitat, la construction industrialisée doit s’adapter au fil du temps à toujours plus de besoins. Ici, il s’agit de loger des populations ayant perdu leur domicile ; là, d’accompagner les chantiers des grands ensembles en abritant les compagnons… Pour relever ces défis rapidement, une seule solution : trouver une formule de construction qui lie standardisation et personnalisation. Une entreprise se fait ainsi progressivement connaître pour sa capacité d’adaptation : Algeco.

La base vie, à l’origine des bâtiments où l’on vit

La base vie a été le point de départ du modulaire en France. Imaginée par Algeco dans les années 50, elle est d’abord spartiate puis se perfectionne au fil du temps pour offrir aux ouvriers des chantiers des espaces mieux équipés et plus agréables. Cantines, vestiaires, bureaux, douches, salles de repos, etc. : le baraquement de chantier évolue et trace des perspectives pour la construction modulaire. D’abord cantonnée aux projets temporaires, la construction modulaire devient une construction caméléon, qui peut accueillir toutes les activités grâce à sa capacité d’adaptation et de personnalisation et car elle répond aux mêmes exigences que la construction traditionnelle. Cette dernière attire d’ailleurs de plus en plus de critiques : longtemps perçue comme LA solution naturelle à chaque projet immobilier, personnel comme professionnel, elle est aujourd’hui décriée pour son impact écologique, son coût élevé en entretien qui devient une charge pour la collectivité et son manque de souplesse en raison d’espaces prédéfinis et fi gés dans le temps. Si dans certains pays elle est considérée comme un « mal nécessaire » – notamment en France, où la maison en pierre reste un symbole d’accomplissement personnel –, de nombreux secteurs font de plus en plus le choix du modulaire.

Préfabrication et personnalisation : que des avantages !

Les quatre avantages de la préfabrication :

  • Économies budgétaires.
  • Rapidité d’exécution.
  • Conditions de travail des compagnons.
  • Choix de matériaux recyclables.

Les quatre avantages de la personnalisation

  • Maîtrise budgétaire dans le temps.
  • Adéquation avec les besoins.
  • Adaptabilité à tous les espaces et intégration harmonieuse.
  • Évolutivité dans la durée.

Industrialisation + personnalisation = perfection

Le succès du modulaire s’explique par sa capacité à réconcilier les contraires. Sa rapidité et son coût moindre n’en font pas moins un procédé constructif plus responsable, vis-à-vis à la fois des ouvriers du bâtiment, qui travaillent dans de meilleures conditions de travail, et de la planète, grâce à sa recyclabilité quasi intégrale (voir Algeco Le Mag #7). De même, son industrialisation n’entame ni ses possibilités de personnalisation en fonction des usages et des besoins, ni sa capacité d’évolution dans l’espace et dans le temps. Ainsi, peu importe l’activité, une même ossature construite en usine, déclinée en plusieurs gammes, peut être un jour un bureau, un autre une école. Les modules sont en effet pensés pour pouvoir répondre par essence à toutes les demandes. Par exemple, à l’ère du numérique, ils sont précâblés pour pouvoir accueillir la connectivité (téléphonie, Internet) dont nous ne pouvons plus nous passer. Ils sont livrés clés en main, tout équipés, à l’image d’une voiture et de ses équipements de série. Et comme dans l’automobile, le modulaire, selon Algeco, offre aussi un catalogue d’options, d’équipements et de services pour l’extérieur comme l’intérieur.

  • À l’extérieur : la construction modulaire peut s’intégrer partout facilement et efficacement, en parfaite harmonie avec le cadre ambiant, notamment grâce à Algeco Déco (une offre d’habillage externe et/ou interne des modules – voir « Business Trends », page 5) ou à des bardages en bois ou composites. Il est également possible d’intégrer dans le bâtiment des patios, des puits de lumière, des terrasses ou des jardins. Au-delà des critères esthétiques et de confort, le bâtiment modulaire s’adapte à ses conditions d’implantation. S’il ne peut être relié aux arrivées d’eau ou d’électricité, Algeco propose une citerne et un groupe électrogène.
  • À l’intérieur : pour pouvoir épouser tous les projets, le bâtiment modulaire doit s’adapter aux besoins de ses usagers. D’où l’offre de services d’Algeco qui répond au nom de 360° Service et comprend tous les services complémentaires permettant de faire de chaque module industriel une expérience personnelle. Le bâtiment sera positionné dans une région connue pour sa chaleur ? Place à la climatisation ! Soucieux de la qualité de l’air ? Vive le purificateur d’air ! Envie de maîtriser sa consommation énergétique ? Le Pack Éco-Future et les capteurs du module connecté sont pensés pour optimiser l’empreinte énergétique. À la fois industrialisé et personnalisé, le bâtiment modulaire n’est plus le « pari un peu fou » de ses pionniers mais bien une solution de construction qui s’est démocratisée et continue d’évoluer. Si nous ne savons pas de quoi demain sera fait, force est de constater qu’en raison de ses nombreuses qualités, la construction modulaire, sans cesse réinventée par Algeco, n’a pas fini son odyssée.

 

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Bureaux à Rennes
 

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Bureaux à Poitiers
 

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Agence Sixt à Marignane

 

Crédits photos : Dominique Eskenazi

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