Et si on imaginait la base vie du futur ?

La construction modulaire a une longue histoire avec la base vie. Alors quand on réfléchit à l’avenir de cette dernière, il est naturel de penser au modulaire. Imaginer la base vie du futur : voilà le défi qu’ont proposé ensemble Algeco et l’ENSA Nantes à des étudiants en dernière année de Master d’architecture. Aussi inventifs que déterminés, ceux-ci ont rivalisé d’imagination pour conceptualiser la base vie de demain. Curieux de découvrir leur travail ? Suivez-le guide… 

Pour imaginer la base vie du futur, les étudiants de l’ENSA Nantes ne sont pas partis de zéro. Leurs réflexions, ancrées dans le concret, répondent à des problématiques réelles : celles du quartier République à Nantes.

Tournez le regard vers le sud-ouest de l’île de Nantes où ce nouveau quartier est en train de se construire. Le quartier République, qui remplacera les friches industrielles de l’ancien marché d’intérêt national (MIN), est un programme d’envergure. Il comprend plus de 400 000 m2 de logements, 200 000 m2 de bureaux et commerces, un nouveau CHU, etc.

Quand Sylvain Gasté, architecte et maître de conférences à l’ENSA Nantes, a décidé de faire réfléchir ses étudiants sur ce que pourrait être la base vie de ce programme dans le futur, il a immédiatement pensé à nouer un partenariat avec Algeco.  Son idée : que ses étudiants construisent leur projet en travaillant à partir d’une matière, les modules Algeco. 

Une idée séduisante pour Algeco, qui a déjà créé des partenariats similaires avec des établissements tels que l’école Boule et l’école de Condé. « Cela nous permet de dialoguer avec de futurs architectes, qui ont parfois des préjugés sur le modulaire et sur notre métier, confie Thomas Lavisse, directeur de l’agence Algeco de Nantes. Bien souvent, les étudiants sont surpris de constater que nous proposons des produits qui dépassent déjà leur imagination ! »

« Ce type de partenariats est indispensable et enrichit les deux parties, estime quant à lui Sylvain Gasté. Ça bénéficie aux étudiants, qui travaillent avec de vrais industriels avec lesquels ils peuvent échanger, comme un avant-goût de la réalité de leur futur métier. Car on ne travaille jamais seul quand on est architecte : on doit composer en permanence avec de nombreux partenaires. Algeco, de son côté, a un lien direct à la réflexion tous azimuts d’étudiants en architecture ».

Intégrer la base vie au tissu du quartier

Les étudiants ont été invités à réfléchir d’abord en groupes de quatre sur cette base vie du futur. Un impératif : contrairement à une base vie traditionnelle, celle-ci devait faire partie intégrante de la vie du quartier en construction.

Le travail collectif des étudiants a permis de faire émerger trois grandes thématiques : 

  • l’eau,
  • l’interface entre l’espace public (la ville) et le chantier,
  • et enfin la question du bien-être, et notamment de la pratique sportive.

Chaque étudiant a ensuite développé son propre projet – objet de son diplôme de fin d’études – à l’intérieur de ces thématiques, qu’il est venu présenter devant un jury. 

Thomas Lavisse, jury pour Algeco pendant les deux jours de soutenance, a particulièrement été marqué par un projet, celui de Jonathan Jubé, qui capitalisait sur les matériaux issus de la démolition. « Les lanterneaux du skydôme devenaient des façades, les portes sectionnelles devenaient des cloisons mobiles… C’était une véritable revalorisation des anciens bâtiments », s’enthousiasme-t-il.

 maquette-de-lelevation-nord-du-projet-de-jonathan-jube.jpg

Parmi les autres projets ayant retenu l’attention du jury, celui de Chloé Leric, qui a imaginé une structure modulaire autoportante qui permettrait de faire une interface entre le chantier et la ville pour faciliter les déplacements et maximiser le confort des ouvriers.

 exemple_de_deploiement_de_ce_maillage.png


Assouplir la frontière entre la ville et le chantier, c’était également tout l’objet d’un autre travail remarqué, celui de Corentin Hubert. La base vie telle qu’il la conçoit peut exister dans deux configurations distinctes – soit ouverte sur la ville, soit sur le chantier – grâce à un espace modulaire qui fait office d’intermédiaire entre les deux univers.

 base_vie_de_corentin_hubert_en_configuration_ouverte_sur_la_vie_de_quartier_.png


Thomas Lavisse a beaucoup apprécié le travail des étudiants et leur capacité à respecter, dans l’ensemble, les contraintes techniques réelles du catalogue Algeco. Il est d’ailleurs en contact avec Sylvain Gasté pour renouveler l’expérience. Son conseil pour les futurs étudiants ?  « Certains projets présentés étaient sages, proches de ce que l’on fait traditionnellement – certes avec une patte d’architecte. N’hésitez pas à sortir encore plus du cadre ! »

En attendant la prochaine édition de ce partenariat, Algeco le Mag vous donne rendez-vous très prochainement pour découvrir les points de vue des étudiants sur ce projet !

Zoom sur l’ENSA Nantes

Conçu par les architectes maintes fois récompensés Lacaton & Vassal, l’ENSA Nantes est un édifice remarquable à plus d’un titre. Bâtiment généreux de près de 20 000 m2 (auxquels il faut ajouter 5000 m2 de terrasses extérieures), l’ENSA Nantes offre aux étudiants et enseignants en architecture une multitude d’espaces utilisables, vastes, hauts de plafond, ce qui en fait « un outil assez formidable qui n’existe nulle part ailleurs en France », estime Sylvain Gasté. Les architectes de l’ENSA Nantes expliquent d’ailleurs leur démarche ainsi : « En premier, nous avons construit un bâtiment de grande capacité de type industriel (tel qu’il aurait pu exister à cet endroit-là), ensuite nous y avons installé une école d’architecture ». Autre caractéristique importante de l’ENSA Nantes, sa localisation. Alors que les locaux de l’école d’architecture étaient autrefois situés au nord de la ville, dans un parc de trois hectares (et donc loin de l’objet de l’étude de l’architecture, qui est la ville), l’ENSA s’est installée il y a un peu plus de 10 ans sur l’île de Nantes en plein cœur du nouveau centre-ville. 

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