Concours Architecture(s) Élémentaire(s) – Paroles de Lauréats

Ils ont participé aux précédentes éditions du concours et ont été récompensés. À l’occasion de cette nouvelle édition, les lauréats répondent à nos questions autour du modulaire. Depuis la remise de leur distinction, ils ont parcouru du chemin, accumulé expériences et connaissances. Un parcours à suivre.

 

Mylène Grolleau et Fadwa Asbar,
2e Prix du jury de l’édition 2014-2015 pour AL-GECO

 

Mylène Grolleau 
Myllieme architecture

 

Myllième Architecture a été fondée par Mylène Grolleau, Architecte Diplômée d'Etat Habilitée à la Maîtrise d'Œuvre en son Nom Propre. L'agence est basée en région parisienne.

Forte d'une expérience de près de 6 ans dans divers domaines de l'architecture comme la conception lumière ou l'architecture d'intérieure, Mylène crée l'agence en 2017.

Elle intervient sur des projets d'architecture, d'architecture intérieure et de design dans des domaines tels que l'hôtellerie ou l'habitat pour des clients principalement privés.

 

Fadwa ASBAR
Architecte Hmonp

 

Après des études d’architecture à l’école Paris Malaquais, Fadwa évolue au sein de plusieurs agences d’architecture et prend en charge, en tant que Chef de Projet, d’importantes réalisations : hôtels, dont le B&B 400 chambres à Val-de-Marne, logements sociaux et en accession parkings, résidences étudiantes, résidences séniors, bureaux, projets urbains. Dans le but de cerner tous les contours des projets, Fadwa complète sa formation à l’ESTP pendant un an.

 

 

 

Le modulaire, c’est toujours dans l’air de vos projets depuis votre succès ?

Mylène Grolleau : Après la remise des prix, nous avons réalisé une mission de conseil auprès d’Algeco, en lien avec notre projet de concours : une forme de prolongement de notre travail et une marque de confiance de la part de notre « mentor » en matière de modulaire ! Ayant créé mon agence depuis 5 mois seulement, je travaille principalement sur la réhabilitation d’hôtels ou la réalisation de logements neufs sur des parcelles atypiques. A priori, pas de lien avec le modulaire. Mais qui sait, si je peux incorporer quelques modules…

Fadwa Asbar : C’est toujours dans un coin de ma tête, mais les projets sur lesquels j’ai travaillé dernièrement ne concernent pas le modulaire. Cette année, je retourne sur les bancs de l’école à l’ESTP : rendez-vous dans quelque temps pour en reparler !

 

Si vous aviez carte blanche, quel bâtiment modulaire imagineriez-vous ?

M.G. : Un module, une unité de vie pour parer aux urgences, aux flux migratoires, aux catastrophes humaines ou naturelles. Un ensemble qui permette aux personnes sinistrées de se reconstruire, en leur offrant un chez-soi plus ou moins éphémère alliant esthétique et confort. Ce type de projet permettrait peut-être à ces personnes d’oublier leur environnement chaotique et pourrait être facilement déployable. C’est le pendant de ce qui s’est fait en Italie à la suite du tremblement de terre de 2016, où des modules en bois ont été mis à disposition des sinistrés. C’est aussi la continuité du travail de Jean Prouvé. Le modulaire est finalement un domaine où les architectes n’interviennent que trop peu…

F.A. : Je pense qu’il serait intéressant d’expérimenter le modulaire à différentes échelles et pour différents programmes, en allant de la petite maison individuelle jusqu’au bâtiment tertiaire à grande hauteur. J’aime à penser qu’un espace modulaire à échelle humaine permettrait de démultiplier les combinaisons, dans un jeu de liaisons et de superpositions intéressant.

 

Comment imaginez-vous le modulaire des années 2050 ?

M.G. : Notre relation à l’espace, au temps ou à la consommation a grandement évolué ces dernières années. J’imagine que ce n’est qu’un début. Dans ce contexte, j’estime que le modulaire a réellement sa carte à jouer pour nous proposer de nouvelles expériences à vivre, en parallèle de nos nouveaux modes de vie.

F.A. : En 2050, nous serons peut-être capables de nous téléporter, qui sait ? Cela modifierait considérablement notre approche urbaine et architecturale. Imaginons que cette hypothèse, aujourd’hui impensable, se réalise : le modulable induirait une évolution du corps dans un espace raccourci, fluide et maîtrisable. Dans d’autres scénarios, plus réalistes, le modulable permettra sans doute d’abriter les flux de population de plus en plus massifs. L’architecture sédentaire laissera donc place à une architecture évolutive et modulaire qui pourra facilement changer, bouger, se déplacer et s’adapter.

 

« Better health, better space », ça vous inspire quoi ?

M.G. : Des éléments un peu totem, comme l’avait peu ou prou imaginé les gagnants de notre concours en 2015, Benoit Sallé et Ronan Thomas pour leur projet « Running City by Algeco ». Ces réalisations permettraient de faire de la ville un terrain de sport et de détente, comme on le voit avec les voies sur berges ouvertes aux circulations douces. Pourquoi ne pas imaginer des totems posés sur ces berges, permettant de se réunir pour faire du yoga, un cours de danse ? C’est un sujet d’actualité, les salles de sport étant pleines à craquer et la maire de Paris souhaitant offrir à chaque parisien l’opportunité de disposer d’un espace pour faire du sport à moins de 5 minutes de chez soi.

F.A. : "Un esprit sain dans un corps sain" ! On ne pourrait que se sentir bien dans ces espaces, et donc mieux prendre soin de son corps dans un cadre vertueux, qualitatif, lumineux, interactif, fluide…

 

Découvrez en détail leur projet :

http://architectureselementaires.algeco.fr/rub-5eme-edition-2014-2015-40.htm

 

Mylène Grolleau 

MYLLIEME ARCHITECTURE

www.mylliemearchitecture.com

mg@mylliemearchitecture.com

Fadwa ASBAR

Architecte Hmonp

http://inandoutarchi.wixsite.com/architecture

 

 

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